Les cartographes du Conquet et l’évolution de la cartographie Portugaise

El arte de navegar

Les premières transhumances maritimes au XII° siècle, comportant des dizaines voire une centaine de bateaux transportant pèlerins et militaires passèrent nos côtes selon  des itinéraires et algorithmes transmis oralement, permettant d’aller d’un repère à un autre. Le Periplus Erythreum maris, pour la mer Rouget est un exemple ;  l’ Itinere Frisonorum en est un autre qui évoque le passage de dix mille pèlerins frisons passés dans nos eaux.

Les premières représentations d’itinéraire côtier apparurent au XV° siècle. On en connaît en tout et pour tout trois, dont Dati , qui fait appel à la versification pour mémoriser la route. Certaines versions sont parfois illustrées, en marge, de schéma de contour de côte.

Le livre de mer, de la bibliothèque communale d’Anvers, anonyme datant probablement du XV° siècle montre une côte de notre Finistère étirée en ligne presque droite de Penmarch à l’île de Batz . Des annotations figurent, latéralement, quelques baies dont celle de Brest, l’aber du Conquet, les îles etc… Il n’est pas question d’orientation mais seulement d’un suivi ponctué d’annonce de détails remarquable visibles depuis la mer. Pour plus de détails sur les débuts de la Cartographie consulter la Page Cartographie nautique

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Livre de mer Bibliothèque comunale d’Anvers  ms B 29166, publié par MM. Denucé & Gernez  fac-similé commenté 1936.

cliché pris sur mon exemplaire

 

Nous avons là une représentation de la pointe de Bretagne, depuis Penmarch jusqu’à Batz, à gauche les îles de Sein, la chaussée et au dessus Ouessant.Les vieux moines sont notés Blackmunken

 L’entrée du Conquet est marquée d’un moulin. Ce moulin cité sous le vocable «  la rade dessous du moulin » dans de nombreux actes juridiques du XIV° siècle conservés au Public Record Office à Londres.

Les besoins de transport par mer accrus lors des croisades du XIII° siècle rendirent nécessaire une amélioration de la sécurité des navires et de leurs moyens de navigation . Cela coïncida avec les premières mentions occidentales de l’usage nautique du magnétisme terrestre, dont tant Saint-Augustin qu’Isidore de Séville  avaient, en leur temps, évoqué l’existence.Le compas permettait de conserver la direction du Nord, de nuit aussi bien que de jour.

Le compas seul ne pouvait suffire.

C’est dans la Gesta Sancti Ludovici par Guillaume de Nangis, de la seconde croisade de Saint-Louis que se trouve la première attestation d’une carte « marine » qui fut montré au roi à bord de la nef Paradis. De quoi s’agissait-il ?

La carte dite Pisane (1270-1290), la plus ancienne qui nous soit parvenue, en donne une idée.Cf.Page Cartographie nautique

Son usage repose sur l’emploi d’un abaque de forme circulaire au moyen duquel un pilote, parti d’un endroit à destination d’un autre, mais ne pouvant suivre la route directe en raison des circonstances météorologiques, cherche à savoir au bout d’un certain temps, dans quelle nouvelle direction doit se trouver son lieu de destination.

Le schéma ci-dessous montre la démarche utilisée :

Mon repère : MarteloireBastia V5 V6 cwk vectoriel alias

Dessin réalisé par l’auteur,  Congrès CTHS de Bastia 2001.

 

Les premiers convois de galées de Venise vers l’Angleterre et  Bruges, au début du XIV° siècle, contournaient les multiples péages des routes de Champagne et des Alpes. Les républiques italiennes ne risquèrent ces grosses fortunes que parce que les moyens de navigation, récemment mis en œuvre, le leur permettaient.   Elles autorisaient les navires à entrer en Manche par le large de Ouessant et non plus par les ras. Dès 1315, les cartes génoises décrivent la Manche le Golfe de Gascogne avec une qualité équivalente à celle de la carte Pisane pour la Méditerranée. C’est la grande époque des républiques italiennes.

Petrus Vesconte Lyon. jpg

Un des premiers portulans à Marteloire monté sur carte plate discoforme

P. Vesconte vers 1319

Ms 107 B. mun. Lyon@

Il est monté sur rose à 16 points absoluement symboliques car elle ne correspondent pas à la réalité. il s'agit de la superposition de représentation traditionnelle à un marteloire "moderne"

mais la nomenclature est restée et dessine les grandes lignes du golfe de Gascogne.

Au quinzième siècle, la poussée turque en Méditerranée, donna corps à  l’idée d’un accès aux Indes par la mer.

A l’usage de la carte et du compas, fut ajoutée l’obligation de tenir du journal, ce qui permettait de retrouver, une découverte en refaisant le chemin, de la manière aussi identique que possible.  En quelques décennies les Portugais, sur les instance du Prince Henri dit Navigateur,  passaient le Cap Bojador en 1434,  et abordaient aux Indes en 1492 et à la Chine, tandis que les Espagnols  touchaient les Amériques et que la flotte de Magellan parvenait à faire le premier tour du monde, bouclé en 1523.

Les couronnes d’Espagne et de Portugal firent, dès lors,  ce qu’elles pouvaient pour conserver leur suprématie. Philippe II ordonna l’interdiction de porter aux autres nations, savoir et matériel nautique, instruction si rigoureusement observée que les œuvres de pilotes majors, comme Alonso Chaves, sont restées manuscrites jusqu’à la dernière moitié du siècle dernier. 

Ce fût aussi le temps du développement du mouvement  de réforme religieuse qui greffait ses affrontements sur les conflits dynastiques. Nous reviendrons sur des circonstances plus détaillées lorsqu’il sera temps de situer  la vie de Guillaume Brouscon, en France, puis au Conquet.

 

Les cartographes de France, Dieppois et Brouscon.

C’est dans ce contexte qu’apparaît la figure énigmatique de  Jehan Alfonse, dit de Saintonge, pilote royal sous François premier qui conduisit de Roberval au Canada, lors de la troisième expédition de  Jacques Cartier. La carte de Guillaume Brouscon HM 46 dans la collection de la Huntinnton library résulte directement des levés exécutés au cours de ces trois voyages. Les Portugais revendiquent Alphonse comme l’un des leurs.

Jean Alphonse est regardé comme source de l’école, dite de Dieppe pour ce qui concerne Java, « la Grande » entendez l’Australie. 

Dans les Voyages aventureux du Capitaine Jean Alphonse, il écrit : « C’est terre ferme ». Cette représentation distingue la cartographie dieppoise, comme celle de Guillaume Brouscon, du reste de la profession. De nombreuses recherche, tant au Portugal qu’en Australie n’ont pu en établir l’origine certaine ; voir note 4.

En 1543, Guillaume Brouscon signa la mappemonde, aujourd’hui conservée à la Huntington Library de San-Marino en Californie.  (HM 46)

Voir le dossier Cartographie Nautique

Carte de Guillaume Brouscon Huntington library Sans Marino HM 46@.

En bas à droite un cartouche ajouté aux armes de l'Amiral de France que Brouscon a probableement tenté de vendre ?

la date 1543 dans un petit cartouche ménagé à deux reprises dans la bordure.

On doit au docteur Dujardin d'avoir identifié l'auteur par rapprochement avec une autre carte conservée à la Bibl. Nat. ms. 25374 qui elle est claireement signée Cf. ci après.

Au niveau de Java on lit "Terreaustrale" on remarque la déformation du continent sud américain et l'inclinaison considérable de la côte du Canada qui sont la conséquence du champ magnétique dans ces régions et que l'on retrouve sur la carte deF. d'Oliveira, Cf. ci-après.

 

Le docteur Dujardin avait justement noté la présence, chez Brouscon, de cette « Grande Java ». On sait depuis les travaux de M. R. Hervé, alors, Conservateur du département des cartes et plans de la BN, que trois navires espagnols se sont perdus sur les côtes de l’Australie et que des  survivants ont rallié Java, alors aux mains des Portugais, d’où leur traces se perdent.

Cet accident, demeuré confidentiel, serait à l’origine de cette évocation du continent Australien. On ignore actuellement comment ellenous est parvenue; Les équipagesespagnols n'ont semble-t-il jamais été restitués par le Portugal à la différence de quelques uns des survivants naufragés ou capturés, de l'expédition de Magellan, deux décennies plus tôt, dont quelques uns seulement survécurent .

Par ailleurs, Brouscon donne, le premier, la forme correcte, de l’île de Terre-Neuve, ce qu’il n’aurait pu, sans les explorations de Jacques Cartier.

Sa mappemonde est associée à un manuel résumant les méthodes de navigations en usage tant chez les Espagnols que les Portugais.

La présentation est luxueuse agrémentée d’arabesques et de motifs divers dont des angelots, tout à fait dans le style apprécié en ce temps-là à Fontainebleau.

Brouson HM 46 angelots .jpg alias

Manuscit Huntington Library San Marino @

 

Brouscon  a aussi réalisé un guide nautique,  BN ms ffr. 25374, 

On lit la signature de G Brouscon

Reproduction de l'affiche réalisée lors des recherches de l'épave de la Cordelière , empruntant la carte du ms 2374 de ma BN @.

Ce mnuscrit , en quelques feuillets,  fournit les moyens de connaître la latitude d’un navire en mesurant la hauteur de l’étoile polaire au dessus de l’horizon et en corrigeant cette hauteur selon la position des « gardes du nord » avec une variation de -/- 3 degrés selon cette position. C'est le même contenu que le HM 46 de San Marino, en décoration sobre.

Une vérification faite au bâton de Jacob m’a permis d’estimer la précision de ce procédé  au un demi degré, soit 30 miles.

Ce manuscrit fournit  aussi le moyen de déterminer la latitude en observant la hauteur du soleil à son passage au méridien et ce au moyen du bâton de Jacob ou de l’astrolabe. Une expérience faite en Guyane au moyen d’un astrolabe de 14 centimètres de diamètre m’a convaincu qu’on ne pouvait espérer mieux que la vingtaine de minutes d’arc. Ce procédé demandait l’usage de tables de déclinaison du soleil.

Toutes les tables de cette époque, découlent d’un modèle commun réalisé par Abraham Zacuto lui même reprenant les tables de Ptolémée et celle collationnées par Alphonse le Sage. Ces tables sont fournies dans les deux incunables qui nous sont parvenus : le Guide nautique de Munich et celui d’Evora du nom des  dépôts où ils furent retrouvés.

Des procédés graphiques permettaient au pilote qui se trouvait démuni de ses tables de les reconstituer. Elles se reproduisaient sur un cycle de quatre ans tenant compte de l’inégalité des  de l’année bissextile. Les marges d’erreur de ces tables étaient  de quelques minutes d’arc.

Il résulte de ces considérations que les points d’un itinéraire pouvaient être situés en latitude à avec une incertitude comparable au rayon visuel ordinaire.

Brouscon fournit, par conséquent,  ce dont les Portugais et Espagnols disposaient.  l’Arte de navegar de Pierre de Médine publié à Valladolid en 1545, qui fut édité en français, à Lyon  en 1554 , aurait pu l’inspirer mais ce sont des sources plus anciennes qu’il faut chercher, parmi lesquelles les tables de Regiomontanus ou celles d’Evora. D ’autres  textes, comme l’Espejo de Navegantes  rédigé par Alonso Chaves en 1540 auraient pu être suivi, mais cet ouvrage ne fut imprimé par le Museo Naval de Madrid... qu’en 1983.

Copier des tables de déclinaisons quadriénales par exemple, est une affaire qui prend du temps et demande du soin. Il faut envisager lque l'auteur ait eu accès à un ouvrage antérieur . Pour l'instant nous ignorons lequel.

Brouscon Le Verge.jpg alias

Cet exemplaire de Pierre de Médine est conservé à la Bibliothèque universitaire d'Edimbourg et porte l'ex-libris de Bernard Le Verge marchaand et marin du Conquet -incidemment propriétaire de l'immeuble connu sous le nom de "Lion d'or" au Conquet.

Brouscon fournit aussi une « scoudrille », terme dont je n’ai pas retrouvé l’origine précise. Mais qui est utilisé dans une graphie voisine par les Portugais. Cette scoudrille  se présente sous la forme d’une rose de compas arrangée de manière à indiquer, selon le cap suivi et pour 100 miles parcourus, de savoir de combien on s’élève ou s’abaisse en latitude. C'est une table d'estime.

L’estimation  de l’écart d’Est en Ouest est suggéré selon la formule de trigonométrie plane. Cet écart n’est pas égal à l’écart en longitude. Elle correspond sous une forme graphique à ce que Michel de Rhodes ecrivait à Venise au début du XV° siècle.

En navigation limitée, comme celles que pratiquait le commerce maritime de ce temps  l’erreur n’apparaissait pas. Par contre pour ce qui concerne les navigations à grandes distances et  latitudes, les erreurs devenaient considérables.

Au temps de Frézier on trouva cinq degrés d’écart entre la longitude de Valparaiso indiqué par les cartes et une observation plus  précise. Pour l’anté méridien de partage du monde,  c’est à degrés que fut, longtemps aprè, mesurée l’écart.

C’est ce qui conduisit Mercator, contemporain de Brouscon, à  mettre au point (vers 1543) sa projection dite loxodromique que nous utilisions encore il y a quelques décennies. Anticipant sur la suite de notre propos, notons que Mercator, malgré son état à l’université de Louvain, fut inquiété par l’inquisition, au point d’aller trouver refuge sur les terres d’un prince allemand.

dessin d’un astrolabe de mer  HM.

Astrolabe.gif alias

Brouscon fournit aussi le moyen d’appréhender les marées.

Là encore rien de nouveau. Ptolémée, déjà, précisait que la marée était, au cap Gobée, notre pointe Saint-Mathieu,  à trois heures, entendez après le passage au méridien du Soleil et de la lune, réunis.

Bède le Vénérable, en son temps, avait défini les règles permettant de prédire les phases de la lune ;  Gerbert d’Aurillac, devenu par la suite le Pape Sylvestre II, dans son œuvre « De Loquella Digitorum », détailla, entre autres choses, et en les explicitant, les méthodes de calcul digital de l’âge de la lune, méthode que j’utilise encore à ma satisfaction.

Pour éviter aux marins des calculs demandant une certaine concentration, Brouscon réalisa un ensemble de roses correspondant à ce que nous nommons l’établissement de port des principaux lieux du commerce maritime et donnant,  à partir du nombre de jours suivant la nouvelle lune, l’heure de la pleine mer et celle de la basse mer.

Naturellement ceci allait de pair avec un calendrier perpétuel classique dont la seule particularité fut d’être imagé.

Ce procédé n’avait rien de révolutionnaire. On en trouvait de semblables en Scandinavie et c’est pour cela que des inventaires désignèrent les almanachs de Brouscon sous le titre de « calendrier runique » ;  une qualification corrigée par G. Marcel, véritable « inventeur » des almanachs conquétois. Le Docteur Dujardin évoqua la « navigation en images »

Calendrier Viking. Jpg alias @

A part la carte enluminée qui accompagne le traité manuscrit que j’ai décrit ci dessus, BN ms ffr. 25374 et la mappemonde HM 46 de la bibliothèque Huntington, seuls, quelques almanachs, signés Brouscon,  nous sont parvenus. On en a recensé une demi-douzaine, la plupart conservés en Grande-Bretagne. Celui de la Bodleian Library qui porte l’ex-libris « F. Drak. » a fait l’objet d’une reproduction en fac-similé par le Commander  Derek Howse du Maritime-Museum.

Il me semble toutefois plausible d’attribuer à Guillaume Brouscon d’autres productions:

Outre le manuscrit  ayant appartenu au Cardinal de Richelieu, que nous verrons ci-après, je citerai le portulan anonyme conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon ms n° 107 bis,  dont la nomenclature reflète les explorations, alors toutes récentes, de J. Cartier.  Cet ouvrage montre la même nomenclature et d’une écriture voisine, que la mappemonde de San Marino,  HM 46, en particulier pour le golfe de Saint-Laurent.

Atlas de la Bibliothèque municipale de Lyon ms n° 176

Extrait montrant Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent

 

Atlas Lyon Terreneuve.jpg alias

Extrait de mon fac-similé (f°15)

Je note aussi de grandes ressemblances avec un portulan anonyme conservé à la Bibliothèque municipale du Havre, Ms 243,  attribué à un cartographe de second rang espagnol du nom de Bartolomeo Olive de Majorque en particulier pour la carte décrivant la zone comprise entre  Gibraltar et l’Ecosse. Comme chez Brouscon, la Grande-Bretagne est coupée en deux par un bras de mer, mais cette inclusion insolite est reproduite de manière générale et ne disparaîtra définitivement que dans le troisième tiers du siècle.

     

Portulan LH 243 jpg alias                   Cordelière.jpg alias

A gauche, Ms 243 Bibl. mun. Le Havre

A droite Brouscon,   Carte du Golfe de Gascogne signée Brouscon, ex. affiche réalisée lors des recherches archéologiques effectuées en vue de retrouver la Cordelière.

Mondialisation à la Renaissance

Au cours de cette période, les Ibériques poursuivirent l’exploration du monde et l’exploitation commerciale de ressources  qu’il fallait auparavant faire venir en petites quantité à des prix élevés à travers le Moyen-Orient alors sous la domination Ottomane.

Cette exploration eut rapidement pour conséquence, un abaissement des prix de certaines « épices ». C’est ainsi que l’ambassadeur à Londres du Grand conseil de Venise, s’alarme de l’arrivée à Bruges qu’un galion qui y débarque de telles quantités de marchandises, que leur prix s’effondrent. C’est le début de la décadence de la puissance des républiques italiennes. Les marchands et politiques italiens, par conséquent, cherchent à conjurer le phénomène. C’est pourquoi,  ils se trouvent intéressées dans les conflits  franco-anglais. C’est aussi la raison pour laquelle les banques italiennes financèrent l’expédition de Verrazzano qui aboutit à la découverte de la Nouvelle-Angoulême, site de New-York. C’est sans doute pourquoi le Duc de Ferrare, fit enlever au Portugal, en 1502,  un portulan connu sous le nom de Cantino. Ce portulan est réputé avoir inspiré l'Ecole de Dieppe.

Libérés,  en 1443, de la tutelle de Londres, aussi année de la chute de Constantinople, les Dieppois, se sont largement ouverts au commerce maritime.  L’un deux explora les Canaries dont il se fit roi (Bethencourt). 

Les Cités marchandes italiennes virent avec un plaisir certain, le plus célèbre des armateurs dieppois, Jean Ango, faire rafler, à bord de trois galions d’Espagne, par un de ses capitaines, Jean Fleury, en 1522,  le trésor de Guatimozin  et le rapport que Cortez envoyait à son suzerain. Ango était un protégé de Marguerite de Navarre, soeur de François 1er.

Dans le même temps les frères Jean et Raoul Parmentier à bord du Sacre et de la Pensée armés par Jean Ango, avec à bord Jean Rotz futur cartographe (Ecole de Dieppe, et qui passa ensuite au service del'Angleterre),  se permettaient , en 1530, de toucher Sumatra, territoire sous contrôle portugais.

Heureuses de trouver des auxiliaires dans leur tentative d’éviter le resserrement du commerce d’Orient qui résultait des monopoles hispano-Portugais, les places italiennes, ont probablement contribué à des transferts de technologie.Citons quoique à une date un peu plus tardive Jean et Francisque d'Albaigne cosmographe de Lucques passés au service de la France entreprennent de monter une expédition à Sumatra en 1577-1580 selon l'ambassadeur Michel de Castelnau.

Le roi de France, François 1er, pour sa part, contesta au roi d’Espagne le droit exclusif d’accès aux « terres nouvelles » ; droit qui découlait du partage du monde traduit par le traité de Tordesillas, et les divers accords antécédents, qui séparaient la planète en deux hémisphères sur lesquels  Espagne et Portugal  avaient obtenu, du Pape, chacun juridiction exclusive. 

C’est aussi le temps de la Réforme et en France ;  la coexistence entre religionnaires fait débat. Le roi et la cour ferment les yeux sur les agissements de corsaires, français, assez souvent de confession réformée, qui s’attaquent aux galions ibériques en temps de guerre comme en temps de trève, à leur passage obligé, les Açores.

Une activité diplomatique intense agitait les chancelleries respectives. Les cours ibériques exigeaient des châtiments sévères à l’encontre des corsaires huguenots et faisaient parfois agir des séides. Sous couvert de « justice »,  on poursuivit des gêneurs, qu’ils aient été corsaires ou marins transfuges.

Par exemple, la cour de Madrid exigea la mise à mort d’un pilote dit Borgne (entendez Borgez) pour une affaire de rixe, apparemment provoquée,  dans un port Français, parce qu’en fait cet homme était, comme d’autres, porteur de savoirs touchant les nouvelles méthodes de navigation et d’accès aux « terres nouvelles ».

Malgré cette situation, les interventions de navires français se multiplient aux abords des Açores, où tant les galions en provenance des Antilles, que ceux venant de l’Orient, devaient passer.

C’est ainsi, par exemple qu’André Thévet, qui fut l’un des témoins de l’établissement de la France Antarctique, collectionneur de documents nautiques ibériques, se procura, probablement en 1553,  lors de la vente de la cargaison d’un navire espagnol, pillé par un corsaire français, un ouvrage que nous connaissons sous le nom de « Codex de Mendoza » qu’il revendit plustard à Richard Hakluyt.

A ce moment Brouscon est déjà au Conquet mais cet exemple  illustre une tendance qui va durer jusqu’à la fin du siècle.

Première de couverture du Codex de Mendoza avec en haut l’ex-libris de André Thevet.

Cliché sur mon fac-similé.

Codex de Mendoza401. jpg alias

Ce Richard Hakluyt clerc anglais de Middle Temple,  faisait, lui aussi, collecte méthodique de documents. Certaines relations nautiques de ces temps, ne nous sont parvenues, que par les copies qu’il s’en était procuré. Tous ces documents ont été utilisés pour le plus grand profit des marins britanniques qui, à la suite des Réformés français se lancèrent à l’assaut des flottes ibériques. On imagine la rage de la cour de Madrid. L’Invincible Armada va bientôt armer.

Tout cela éclaire le contexte dans lequel Guillaume Brouscon, s’est installé en Pen-ar-bed  à une date qu’on peut situer entre 1543 et 1548.

Le patronyme n’est pas breton ;  par contre,  dans la même graphie, il est banal, encore actuellement, en Flandres, en particulier dans la région de Bruges,  des bouches de l’Escaut de l’île de Walcheren. Il est même envisageable que Brouscon,  soit un patronyme emprunté pour sa banalité.

Parmi ses œuvres attestées, la mappemonde de San Marino est en elle-même une œuvre d’art. Qui à peint le décor, Brouscon ou bien un peintre comme cela se faisait souvent ?

Le Docteur Dujardin a très bien montré la luxueuse présentation qui était de nature à séduire un haut personnage, sans doute l’amiral de France dont les armoiries ont été rajoutées, en remplacement de quelque chose d’antérieur dont nous ignorons tout.

Le manuscrit BN ms 25374 , pour ce qui le concerne, et sa carte limitée au proche Atlantique est aussi très soigné, dans une ornementation voisine de celle de San Marino. Ce manuscrit a fait partie de la « Bibliothèque de L’église de Paris ».

Ces deux documents ont certainement été destinés à des personnages de haut rang.

L’existence d’un document identique au 25374, mais d’un facture grossière, non daté non signé pourrait avoir été le prototype d’un projet dont les deux autres documents seraient le développement. Il est relié aux armes du cardinal de Richelieu.

Ann Brouscon Richelieu Jpg alias

Cliche BN.@ Ann Brouscon Richelieu ms ffr 24909 2.jpg en haut la carte en bas les armes du Cardinal de Richelieu

Plus tardivement, à, partir de 1548,  Brouscon confectionna « au Conquet » des almanachs nautiques.

Imprimés sur une bande de parchemin au moyen de typons de bois, il furent d’une impression aisée et peu coûteuse. Compte tenu du passage, encore quasi obligatoire, du trafic côtier dans les ras du Pen ar Bed, le Conquet constituait un bon point de vente.

Les almanachs de Brouscon, ont connu un succès   auprès des marins.

C’est ainsi que celui conservé à la Bibliothèque Bodleienne appartint à un célèbre navigateur et corsaire anglais. Il est tentant de penser que lors du sac du Conquet en 1558, les assaillants  se servirent.

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cliché de mon fac-similé

Bodleian Library Pepysian n°1

Brouscon marques .jpg alias

marques d’imprimeurs relevés par HM dont celles des cartographes conquétois

 

Le mystère , hypothèses :

Note : Fernao d’Oliveira, (1507-1581), auteur, Na Arte do guerra do Mar (1555),  de Ars Nautica (1570 ?), de Livro da fabrica das Naus (1580) , fut pris par une galère de Saint-Brancart en 1541 et il fut engagé par celui-ci comme pilote. Après un retour à Lisbonne, il resservit, volontairement, sous Saint-Brancart en particulier lors de la campagne de 1545 qui vit la destruction de Mary-Rose.  Il fut pris par les Anglais et semble avoir été stipendié par Henri VIII. On ne sait pas d’où il tenait ses connaissances de pilotage car ses premières années sont obscures.  Il a probablement échangé des informations avec des marins Français en particulier à Dieppe. Il rentra au Portugal en 1547. Il devint chapelain de Joao III en 1552 mais il fut inquiété par l’Inquisition 1555-1557. En 1561 il fut pensionné du Roi Sébastien.

A la suite d’Ars nautica il y a un manuscrit « Viagem de Magalhaes escrita por um homem que foi na compania »Le manuscrit de Leyde, VLF 41, (collection Vossius)rédigé par Fernando Oliveira, ci dessous.

http://www.library.leiden.edu/mathematics-natural-sciences/find/digital-library.html

On remarque l’absence de la Grande Jave qui , elle figure chez Brouscon ci dessous comme chez les cartographes dieppois contemporains. On a supposé que Jean Alphonse serait l'indicateur de cette Grande Jave. En fait on ignore quelle fut l'apport des uns ou des autres.

Carte par G. Brouscon 1543 Huntington libr. HH 46 @

Brouscon, ayant réalisé et sans doute proposé en cour à Fontainebleau, les œuvres d’une qualité  artistique exceptionnelle, que nous avons citées, il est curieux que l’auteur se soit par la suite cantonné à la confection de ces almanachs.

Il s’est certainement passé quelque chose, qui,  aux alentours de l’année 1548, présenta pour Brouscon une menace de nature à se faire oublier. Quoi ?

Un fait troublant ajoute au  mystère de sa vie:

Au moment où les troupes de Philippe II occupaient la Pointe des Espagnols, deux ans après la tentative de conquête de l’Angleterre par l’Invincible armada, Sourdeac, défenseur de Brest, demanda à Alain Lestobec, un proche de Brouscon, un levé de fortifications de Roscanvel.

A ce moment, au Conquet,  les archives détat civil registre des naissances fait état de la naisance d'un enfant de Guillaume le Lineur dit Brouscon.

Le patronyme Brouscon a été changé en celui de Le Lineur. La lignée continue encore une génération au Conquet avant de diaparaître des registres.

Un autre, document récapitulatif des  chartes de l’abbaye de Saint-Mathieu atteste également ce changement de patronyme dont l'explication reste à découvrir.

 

La succession

Au Conquet, une parentèle attestée par les actes de naissances, a repris la fabrication des almanachs.

Ian Troadec, en particulier, dont on ne connaît que des almanachs. Il modifia le calendrier perpétuel qui faisait partie du travail de Brouscon, pour tenir compte du changement universel de calendrier ordonné par Grégoire XIII en 1582.

Christophe Troadec, à la génération suivante, a continué la tradition conquétoise . On connaît une carte du proche atlantique, et son annexe comprenant  une table de marées unique, munie d’un disque mobile. Cet ouvrage n’apporte pas de nouveauté par rapport à ceux de Brouscon.

La tradition cartographique s’est donc étiolée en l’espace de deux à trois générations survivant, un instant et dans une tout autre  perspective, avec les Taoulennou de Dom Michel le Nobletz, qui dit-on fut aidé dans sa tâche par Françoise Troadec « faiseuse de cartes » nous dit le père Verjus et Alain Lestobec.

 

Dieppe non plus ne pût conserver ses relations privilégiées avec Paris. C’est au Havre,  que François 1er décida, en 1519,  d’établir sur l’estuaire de la Seine un nouveau port,  le « Hableneuf » de la carte de Brouscon.

C’est là que se fixa la première école d’hydrographie. Pour Dieppe la page des Ango, Parmentier, Paulmier de Gonneville et des cartographes était tournée.

Le Conquet éloigné des bassins de consommation du centre du royaume de France, avait des relations ultramarines bien plus modestes et ne disposa pas de soutien des banques italiennes.

Epilogue

On peut penser que dans ce contexte troublé, l’installation au Conquet de Guillaume Brouscon,  avait, par conséquent un motif très personnel.

Dépositaire de connaissances interdites d’exportation, n’ayant pu être reçu officiellement à la cour de France en raison des problèmes diplomatiques que cela aurait posé, s’est-il mis « au vert » ?

mais alors il fallait vivre…

 

La vente d’almanachs pouvait satisfaire des besoins  pas trop exigeants…

 

Notes de ce texte:

Vers 1453- voir « A propos de la Sfera Dati ; Dans actes  du Congrès « Medieval ships and the birth of technological societies", Malte.

On consultera les cartes de Petrus Vesconte,  production de  1311 à 1327, d’Angelino Dulcert 1339 ; l’Atlas Catalan d’Abraham de Cresque  offert à Charles V en 1480 etc… Ce sont des œuvres de bibliothèques . C’est pourquoi elles ont survécu à la différence des documents moins décorés, éphémères,  utilisés sur les bateaux.  Les mesures réalisées entre points remarquables comme la route de Cap Finistère à Ouessant sont remarquables, concordantes et correspondent à quelques degrés, à la route actuelle. On peut se demander comment une telle précision a pu être obtenue avec des compas magnétiques gradués en rumbs  et non pas encore en degrés ?.  Je ne vois que par  des méthodes  s’apparentant à des statistiques. 

Parmi eux Pierre Desceliers, Jean Rotz, qui était du voyage des frères Parmentier, Guillaume Le Testu, Nicolas Desliens, Nicolas Vallard. Ces auteurs montrent une masse continentale fusionnant Java et l’Australie, sous le nom de « Grande-Jave ». On ignore la source de cette information.  Certains ont avancé l’hypothèse d’une  connaissance portugaise  par l’intermédiaire des Chinois de Zheng-He, qui aurait exploré ces parages un demi siècle avant les Portugais en 1421.

Peut être touchée par Gomez de Sequeira en 1525  ou Cristovao de Mendoça en 1522 en recherche de lîle de l’Or ;  peut-être les frères Parmentier ; peut-être une « intoxication »d’origine portugaise ? Sur ce sujet lire Damiao Perez Historia dos descobimentos portugueses,  Porto, 1992 p. 421 422. Cf. OHK.Terra Australia-Cognita ? Historical Studies, vol.8, 1857.Spate

Louis Dujardin : Les cartographes du Conquet, la navigation en images 1543-1651

Hervé (R.) :Découverte fortuite de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande par des navigateurs portugais et espagnols entre 1521 et 1528

Deux étoiles remarquables de la constellation de la Grande Ourse.

De nos jours, par suite de la précession des équinoxes la correction est réduite entre – et + 50’ d’arc.

en pratique à sa culmination,

Compte rendu de cette expérience dans Navigation Revue de L’institut français de Navigation  texte sur : http//perso.wanadoo.fr/hubert.michea/

Cf. J. Bensaude L’astronomie nautique au Portugal au temps des grandes découvertes

daté estimée, 1509

Un exemplaire, d’une seconde édition, 1569, ayant appartenu à Bernard Le Verge  capitaine  du Conquet est conservé à la Bibliothèque de l’Université de Edinbourg. Cf. Histoire de l'édition française", par P. Aquilon, page 363, note 7, Paris,1983.   Nous savons que la famille Le Verge résidait à la fin du XV e siècle à Poulherbet en Plougonvelin et qu'elle a donné plusieurs générations de maîtres de barques dont on trouve les traces à Bordeaux, et Anvers. L'un d'eux, René, fit l'acquisition, au début du XVIII e siècle, du Lion d'or du Conquet. Son fils, Noel et son petit-fils, René, y vécurent; la veuve de ce dernier s'y éteignit au milieu du siècle dernier.

En rumbs de 11°1/4.

  Selon la formule trigonométrique simpmle : L=m*sin Rv  ifférence en latitude= longueur parcourue en miles  multipliée par le sinus de l’angle de route par rapport au nord.

  Selon la formule G=m*cos Rv. Cependant le résultat est le chemin parcouru d’Est en Ouest ce qui compte tenu du rapprochement des méridiens lorsqu’on monte en latitude, n’est pas égal à l’écart en longitude. D’où les énormes erreurs qui seront corrigées dans les siècles suivants.

Ce que l’on appelle l’âge de la lune, temps écoulé depuis la nouvelle lune,  se calcule au moyen du nombre d’Or, qui marque l’ordre de succession des années,  dans un cycle de 19 ans. On calcule ensuite l’épacte qui est le retard annuel de l’année lunaire sur celle du soleil, soit environ onze jour par année qui se cumule au fil des 19 années du cycle.

 Marcel  (Gabriel)  Sur un almanach xylographique à l'usage des marins bretons,  Paris 1900 ;  B.N.  Cartes et Plans . Il s'agit du Trodec du département des  C&P.

  édité à Lyon en 1930 par Colonel Langlois et Ch de la Roncière.

  1532-1588.

Cf. E. Guénin, Ango et ses pilotes Paris 1901 Imprimerie Nationale.

Cf. Discours de la navigation de Jean et Raoul Parmentier de Dieppe.

A cette époque on méconnaissait,  Binot Paulmier de Gonneville dont le naufrage dans les Anglo-Normandes en 1504,  duquel 27 personnes avaient survécu parmi lesquelles l’indien Esomeric, dont la descendance éleva deux générations plus tard une action en reconnaissance.

Cf. Leyla Perrone-Moisés  professeur de littérature, directrice du  Núcleo de Estudos Brasil-França  de l’Instituto de Estudos Avançados .

Gonneville était secondé par deux pilotes portugais Sebastiao Moura et Diogo Couto.

Le régime des vents est tel que pour revenir, d’Orient ou des Amériques les voiliers doivent attraper les vents d’Ouest au niveau des Açores. De plus ces îles sont élevées et visibles de très loin. Elles sont à la latitude de Lisbonne. En faisant des Açores route à l’est, les voiliers arrivaient sur la côte portugaise  où on pouvait se situer et terminer la route de destination.

  Bien que postérieur aux travaux de Brouscon nous citons : Bourdon (Léon), Francisco Dias de Mimoso Le pilote portugais Borgne, 1559-1569.

Il s’agit de la baie de Rio de Janeiro. L’établissement français fut attaqué pris et rasé par les Portugais comme le firent les Espagnols en Floride pour un autre établissement Français.

André Thévet auteur de Cosmographie du Levant et des Singularités de la France antarctique.

Richard Hakluyt 1553-1616 The principall Navigations, Voiages and Discoveries of the English nation,. Les rééditions modernes de la collection représentent pour celle réalisée aux Etats-Unis , 14 volumes.

BN. Ms ffr. 24909

1595 Alain Lestobec dresse un plan de Roscanvel pour Sourdeac.

- Archives municipales Le Conquet .

et Archives de Loire Atlantique B. 1063 :

f° 9 r° Autre adveu fourny par Jan le Lineur, Marie, Barbe, Azenore, Alain fils et héritières de feu Prigent Alain et Jacquette Le Lineur   daté du 22 octobre 1636 signature Alain Lestobec et Yvon Bohic.

f° 29 v° Cahier de lotissement ? et partage... passé entre  Yvon Brousson, Laurence Brousson comme curatrice de Philippa, Françoise Louis et Henri ? Brouscon, héritiers de feu Guillaume Brousson de son second mariage avec Jacquette Kerourien et aussi jacquette Brouson soeur de Prigent Alain, Marye Brousson, les dits Yvon, Jacquette, Marye Brousson aussi  enfants  de feu Guillaume Brousson et de Marye Gouziau sa première femme, des droits et héritages ... ... ... daté du 28 août 1612 ,signé M. Michel, Laurens Liffeur, J. Troadec, le Gac,  Y. Brouscon, H. du Plessis notaire,

Archives du Conquet Etat civil, naissances, 1597. Baptêmes :

"Ego Paulus Cozic presbiterus et curis de ecclesia treffiale de loco predicti de Plougonvelen baptisbi Franciscani filiam legitimam naturalem Guillermi  Lyner et Jacoba Kerourien.... die 13 augusti anno que supra....."

Christophe  Troadec Traité de navigation 1650 ;  Cf. Bibliothèque de l'Arsenal, col. Paulmy n° 2549.

Françoise Troadec, fille de Jacob Troadec, née le 20 mars 1590, arch. mun. Le Conquet, registre des baptêmes 1990,  f° 66 v° et

Verjus, "La vie de Mr Le Nobletz prestre et missionnaire de Bretagne", Paris, 1666, p 162.

La question de l’origine des travaux dieppois et de Brouscon reste obscure

Pour ce qui est de la Grande Jave nous aurions Jean Rotz,  Jean Alphonse , quelqu’un d’autre ?

Pour le Saint-Laurent, ce sont les expéditions de Cartier auxquelles participa Jean Alphonse

Pour les méthodes de navigation hauturière, je ne relève que quelques sources potentielles connues :

le  guide nautique de Munich 1509 ; Joao de Lisboa Livro de Marinharia 1514 ;  le guide d’Evora 1516 ; Repertorio de los tempos, Valerntim Fernandez 1518 ; Summa de Geografia , Fernandez de Enciso 1529;  Livro  de Marinharia de Andre Pires, 1525 ; Boke of hydrography de Jean Rotz ; Espejo de Navegantes,  Alonso Chaves  qui adressa à la demande de Madrid, une carte à la cour qui l’envoya à Charles Quint en 1527. Cette carte est actuellement conservée à Weimar avec une autre de Diego Ribeiro, un transfuge portugais initiateur de Chaves à la technique de cartographie.

 

Dernière mises à jour de la page : Mardii 31 juillet 2012

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