L'île de Quemenes et les relations entre Bayonnais et Bretons 1292.
par
H. Michéa,
Capitaine au long cours, membre de C.F.H.M.


Ouessant vu du Conquet Quemenes est sur la gauche aquarelle par H.M.

Si les actes d'hostilité ont été particulièrement fréquents entre marins de toutes nations au Moyen-Age, il en est un qui connut un développement disproportionné puisqu'il dégénéra en un conflit opposant la couronne de France à celle d'Angleterre. Le souvenir de cet incident nous est parvenu par un acte conservé à la tour de Londres, transcrit par Brequigny (1), dans lequel nous lisons ceci: "Adeprimes, à Kymenois, es parties de Bretaigne, l'an nostre seigneur le Roy XX, (soit 1292) en caresme, Normans ocistrent.... de Bayonne, à la funtayne de Kymenoys et après assaillèrent la neef Piers de Nounay de Bayonne, et coupèrent le mast, et robèrent la neef, et les hommes ocistrent, à leur damages de mil livres...."( 2). Le document énumère les rétorsions mutuelles auxquelles se livrèrent les parties opposées. De proche en proche tout le trafic maritime fut à feu et à sang. Il en résulta une guerre qui devait durer quatre années.

L'émergence d'un pouvoir royal centralisé n'avait pas encore permis de policer les moeurs des gens de mer. Les exemples abondent dans les séries de l'Échiquier conservées au PRO, d'agressions commises par les marins de toutes les nations à l'encontre de ceux de toutes les autres (3) . Les rivalités régionales n'y étaient pas étrangères. Les périodes de paix ne les faisaient pas disparaître (4) . Les lenteurs de la justice (5), justifiaient aux yeux des marchands agressés, la recherche d'une réparation des préjudices subis, rapide et expéditive. Les textes qui nous sont parvenus montrent chez les acteurs une tendance à l'appréciation unilatérale tant des moyens que de l'étendue des réparations. De nos jours, les difficultés que rencontrent les états à mettre en pratique le concept de riposte graduée, permettent d'imaginer la violence des rétorsion en ces temps là.... Les actions entreprises en exécution de lettres de marques, ne pouvaient être contrôlées qu'au bout de longues enquêtes au cours desquelles l'éloignement, voire la disparition des témoins, entravait souvent la recherche de la vérité. Deux siècles plus tard, en 1464, pour ce qu'on trouve dans les archives de Nantes, Louis XI enjoignait à l'amiral de Guyenne, le Comte de Commynes, d'enquêter sur des pillages commis par des gens de Saint-Jean-de-Luz à l'encontre de bateaux bretons? (6) Le droit de "convoy" institué, par le Duc de Bretagne en vue protéger les navires de toutes nationalités, moyennant le paiement, que chacun tentait d'éviter, d'un "bref" (7), constituait à son tour, une source sans fin de contraventions et de poursuites. Le droit de suite se trouvait de la sorte transféré, des particuliers à la puissance publique. Illustrant cette situation, quoique plus tardivement, en 1395, une "Sainte-Marie-de-Bayonne", qui avait esquivé les droits, fut prise et mise à l'amende. Le document est conservé par les Archives départementales de la Loire Inférieure (8).

Le document transcrit par Brequigny, suscite deux questions. La première concerne l'attitude des Bretons lors des désordres qui suivirent la rixe qui s'y est produite. La seconde, de manière subsidiaire, touche à la localisation de la fontaine de Kymenoys.

Pour ce qui est du second point , Dom Lobineau et Dom Morice nous fournissent les éléments suivants : Dom Lobineau écrit dans l'Histoire de Bretagne, (9) "Le Duc avait affermé (En 1279) les sécheries de Saint-Mahé à quelques marchands de Bayonne (9b). Ils se joignirent dix ans après (1289) avec les Anglais, et bruslèrent le Conquet, petite ville qui n'est pas loin de Saint-Mahé, après l'avoir pillée et ravagèrent tout le pays vers la fin du mois d'Aoust. Hamon Kermorvan et Even de l'Enfeuse lui adressèrent leurs plaintes. Il est à croire que l'affaire s'apaisa et que le roi d'Angleterre n'y avait nulle part." Dom Morice (10), s'appuyant sur une pièce de la chambre des comptes de Nantes, est plus précis. Il écrit: "Ces marchands vécurent d'abord en bonne intelligence avec leurs voisins: mais il n'est point d'union que les intérêts particuliers ou les antipathies de nations ne rompent tôt ou tard. Les Bayonnais se brouillèrent avec les habitants du Conquet. Pour se venger de quelques mauvais traitements qu'ils en avaient reçu, ils s'associèrent avec d'autres marchands anglais et prirent la résolution de se faire justice eux-mêmes.... Le 28 août de l'an 1289 ils descendirent au Conquet.... Les habitants en portèrent la plainte à leur duc et demandèrent trois mille cinq cent quatre vingt une livres pour dédommagement des pertes qu'ils avaient faites en cette journée. Comme le roi d'Angleterre et le Duc de Bretagne n'avaient aucune part à cette expédition, on ne peut douter qu'ils n'ayent condamné les coupables à une réparation convenable...." En 1334, Pierre Bernard évêque de Léon, (11) prit le parti des Ouessantins dans un conflit qui les opposait aux Bayonnais, installés là depuis une quarantaine d'années, pour y sécher des merlus et des congres. Il porta l'affaire à Rome où Jean XXII (12), inclina en faveur des Bretons. Les Bayonnais durent quitter l'île. Comme on le constate, les relations entre marins finistériens et basques étaient, à cette époque, dépourvues d'aménité. Le développement de la concurrence commerciale maritime n'y fut sans doute pas étranger. Notons à titre d'exemple (CPR Edwd 1er 15 mai 1293), le débarquement à Sandwych de tonneaux de graisse de baleine, par des navires basques. L'établissement dans les ports normands et bretons de pêcheurs basques explique un ressentiment des populations autochtones, et le développement de situations pouvant devenir explosives. Les tensions que provoque de nos jours la situation de la pêche, illustrent le climat qui pouvait régner entre les sécheurs de merlus basques et les autochtones.

Pour ce qui est de l'identification de Kymenoys:

Le texte relevé par Bretigny est précis. Les noms des personnes victimes d'agressions sont notés, les circonstances brièvement exposées, les lieux précisés, les dommages subis déjà chiffrés. Il est manifestement destiné à soutenir une action, ultérieure, en réparation des préjudices subis. Il couvre des incidents survenus en des lieux différents, et sur une période de près de deux ans. Cela conduit à penser qu'il a été préparé en vue de donner au pouvoir politique une vue d'ensemble, qui lui permette de prendre les décisions appropriées. C'est pourquoi nous n'avons pas de raisons de douter de ce que ses rédacteurs disposaient d'informations de première main. Dom Martène, qui semble-t-il, travaille sur documents et bien plus tard, situe l'événement à Saint-Mathieu : "Accidit tunc controversia inter regem Franciae et regem Angliae, quae inchoata fuit in Britannia apud S. Matthaeum a duobus garsionibus in mari rixantibus invicem in navibus, ubi multi Hispani, Normani, Anglici, Flamingi fuerant, in quibus plures in hanc turbatione fuerunt occisi: Unde inter ipsos mortalis guerra fere tribus annis duravi...(13 ). Guillaume de Nangis (14 ) ne mentionne pas les événements de Bretagne mais seulement le sac de La Rochelle qui suivit (15). Les "Anciennes chroniques de Flandres"ne font pas mention de l'incident. Les Flamands ne semblent pas avoir été impliqués au début de cette affaire. Knyghton situe l'incident en Normandie(16), Rishanger le place à "Gartonia ", dont Walsingham, qui le reprit, fit "Gascognia", dans "Ypodygma Neustriae" et "Gartonia" dans "Historia".

Le document gascon, transcrit par Brequigny, doit, dans l'état actuel de nos connaissances, être considéré comme plus sûr que le rapport de chroniqueurs tardifs. Il place l'incident à la fontaine de Kymenoys en Bretagne.

Les "Rôles gascons" nous fournissent, par ailleurs, une pièce datée de 1311 dans laquelle nous lisons : ".... continentem quod cum quedam navis sua voccata le Lyon de Herewyk (Harwych)... "in quodam loco in insula de Kyvenoys in Britannia nuncupato applicuisset, plures malefactores de Conqueto et aliunde de potestate ducis Britanniae ad navem predictam hostiliter occurentes..." (17). Cette affaire n'a pas été réglée à la satisfaction du plaignant, sans doute en raison des lenteurs de l'instruction, puisqu'elle fait également objet d'une lettre du Roi adressée, six ans plus tard, au Duc de Bretagne (18), qui place les faits à "île de Keneveys", et ordonne l'émission d'une lettre de marque en faveur des plaignants contre les Bretons.

Les deux documents font remonter les événements au grand père du duc de Bretagne, Jean II. Il se peut que le Lyon de Harwych ait fait partie des navires pris dans la tourmente de 1292.

Nous n'avons pas de raison de mettre en doute, ni l'existence d'une île de Kymenoys, ni qu'elle ait offert un point d'eau aux navires de passage, ni sa proximité du Conquet. Avant de proposer une conclusion il me semble utile de rappeler les conditions nautiques de franchissement des ras de Bretagne à cette époque et les conséquences stratégiques et historiques qui en découlaient.

A cette époque, passer à l'extérieur des îles du Finistère était une opération dangereuse en raison de l'insuffisance de la science nautique. Le navigateur perdait de vue les amers de la côte avant d'avoir paré les roches de la chaussée de sein sur lesquelles portent les courants de marée. Il était considéré comme plus sûr d'emprunter les chenaux côtiers de Sein et du Ras de Saint-Mathieu (19). Les sondages pratiqués dans les archives de la chancellerie anglaise montrent que le trajet de Bordeaux en Angleterre pouvait exiger de sept à plus de trente jours selon les circonstances. Les navires disposant de faibles capacités, en vivres et surtout en eau, devaient se réapprovisionner souvent et profitaient des escales forcées à Saint-Mathieu ou aux environs, par exemple à Crozon (Croidon, Croidune), Bertheaume (Bertram), pour compléter leurs réserves en prévision des contretemps toujours à craindre (20). Ce concours de circonstances fut à l'origine des péages établis par les comtes de Léon. Cette recette, transmise au Duc Jean II lorsqu'il eut consommé la spoliation de Hervé, comte de Léon, était sans doute ressentie à cette époque plus comme une taxe grevant le transport que comme un service réel, de la même manière que l'on constatera, plus tard, à Bordeaux des réticences à la levée de taxes destinées à l'entretien du phare de Cordouan? (21) . Certains bateaux tentaient d'y échapper lorsque les conditions métérologiques permettaient de contourner Ouessant et la chaussée de Sein, ou bien, de passer par les ras, en mouillant dans l'archipel de Molène, en particulier à Quemenes, où ils trouvaient de l'eau. S'ils étaient à la vue du Conquet, ils étaient hors de portée de contrôle immédiat par les receveurs de brefs. Cependant, identifiés, ils couraient le risque d'être arrêtés lors d'un passage ultérieur. Ils avaient donc, dans ce cas, intérêt à disparaître au plus tôt. Malgré la médiocrité d'un mouillage ouvert à tous les courants, l'île était fréquentée. Tout bateau y parvenant à la fin du jour, en été, lorsque la lumière diurne favorise la reconnaissance des amers, et si possible en fin de flot, pouvait espérer poursuivre sa route, six heures plus tard, au début du flot. Embarquer un complément d'eau était alors une tentation naturelle.

Combien d'eau et dans quelles conditions? Les vaisseaux du XVIII° siècle, par exemple le "74", embarquaient environ 2 litres d'eau par homme et par jour (22). Avec une trentaine de personnes à bord, un navire marchand devait maintenir un approvisionnement que j'évalue à, une dizaine de jours, soit 600 litres, afin de faire face à toute surprise. L'aiguade, effectuée au moyen d'une embarcation portant des barriques demandait du temps. Remplir douze barils de cinquante litres chacun, d'eau tirée d'un puits, demandait une bonne heure à laquelle il fallait ensuite ajouter le temps de manutention des barriques, du bord au puits et retour. Les bateaux pouvaient entrer en compétition à celui qui prendrait son eau en premier. L'heure de l'établissement du courant, qui commandait l'instant le plus favorable à l'appareillage n'attendait pas. Ceci constituait une source de conflit, d'autant que les fraudeurs avaient intérêt à déguerpir au plus vite. Qu'une rixe, "à celui qui prendrait de l'eau le premier" soit survenue dans un tel concours de circonstances , entre deux équipages, n'a donc rien de surprenant.

A la suite des événements de 1292 à Kymenoys, puis à La Rochelle, et des rétorsions qui s'en suivent, (Bataille navale à Saint-Mathieu, entre Normands et Anglo-Bayonnais, mai 1293, après lesquels fut rédigé le mémoire copié par Brequigny.), un conflit éclata entre la France et l'Angleterre et après la confiscation du duché de Guyenne, le Roi d'Angleterre, en 1294, mobilisa ses troupes. Le Duc de Bretagne, réputé anglophile, fut nommé lieutenant du Roi d'Angleterre en Gascogne (23). Le Duc était soucieux de conserver le rendement des pêcheries et des brefs.... L'armée anglaise appareilla de Plymouth en septembre, et fit escale au Conquet, le 11 octobre 1294. Elle y séjourna jusqu'au 26 (19). Un incident, survint deux ans plus tard, en 1296, au cours duquel les Anglais pillèrent le Conquet et Saint-Mathieu. L'attitude des Bretons à l'endroit des Anglais allait en être affectée. Le parti anti-Gascons et anti-anglais l'emportait. Le débordement de l'affaire de Kuymenoys, qui entraîna un conflit général, puis le sac du Conquet en 1296, allait engager les Conquétois contre les Anglais et leurs alliés bayonnais pour de bon.

Quant à Kymenoys, en l'absence d'autres pièces, je propose de l'identifier à l'île de Quemenes, qui aurait ainsi été le théâtre de ce premier incident d'un conflit qui entraîna la Bretagne comme Bayonne dans un conflit maritime qui les dépassait .

H.M. manoeuvre d'appareillage
Notes:

1 BN ms Coll Moreau 690 f° 127 et s.

2 Lettres de Rois et Reines, Champollion-Figeac t. 1 p. 392, CCCI, (Roles gascons, Edward 1, 2O° ).

3 Pillage de bateaux basques sur les côtes de Portugal, Cal. Inq. Misc Edwd. 1er p. 476 n° 1712, en 1300 et C.C.R. Edwd 1er, p 408. Pillage d'un navire gascon en Gironde par des marins anglais en 1293, cité par Delpit "Collection générale des documents français conservés en Angleterre", p.11. Les Cinq ports Hastings, Winchelsea, Rye, Dover, Sandwich, fournissaient au roi d'Angleterre un devoir féodal qui se limitait à 40 jours par an et plus précisément à 15 jours de la première mise à la voile. Au delà, les maîtres de navires ne pouvaient être forcés de continuer la campagne. Il devenait nécessaire de négocier leur accord et il ne faut pas s'étonner de voir leur action se transformer en guerre personnelle, ( Lettre de marque donnée par le Duc de Bretagne, agissant comme lieutenant du Roi d'Angleterre, à Bernard Dongresille de Bayonne en 1295). Pendant la guerre menée par Saint-Louis contre Henri III, les marins des Cinq-ports détroussaient sans distinction marins normands et bayonnais. Les actes conservés par la chancellerie anglaise contiennent une masse impressionnante de plaintes de capitaines de toutes les nations. De 1279 à 1292 on de relève pas d'attentats significatifs.

4 Lettres interdisant aux marins de Bayonne de molester ceux d'Espagne CPR Edwd 1er, p. 34 12/juin 1299 etc.....

5 On trouve aux archives de la Loire atlantique un acte de du 18 novembre1456 (ALA202/6.), constatant la restitution par l"almirandus" de Bretagne d'une nef anglaise chargée de pélerins à destination de Compostelle, arrêtée en juillet précédent. Le délai constaté est particulièrement court.

6 ( 24/11/1475, ALA E 202/16)

7 ( 11/12/1371, ALA E 202/5)

8 ( 09/01/1395, ALA E 201/14)

9 Lobineau Paris, 1707, t 1 p. 278.

9b Il s'agit de Augier Gabaret, Amat d'Angresse, Amat de Poyane, Pierre Guillaume de Manta, Arnaud de Lanne, Paumier d'Acre, Asseride de Corneillan, marchands de Bayonne (Pièce citée par A. de La Borderie "Acquêt du Comté de Léon par le Duc de Bretagne". Recueil d'actes inédits Histoire de Bretagne, Paris, 1888, p. 264.)

10 T.1, p. 211.

11 Selon A. Legrand, catalogue des évêques de Léon, p. 233, il est sacré en 1328. Plusieurs Bayonnais ayant Bernard pour patronyme sont cités dans les archives anglaises, Delpit op. cit. p. 8. Les Bernard du Conquet, marchands et négociants en vins sont probablement d'origine Bordelaise. La rue du Conquet qui reçut la première un nom, vers 1490, portait encore leur nom il y a un demi siècle.

Les succès des Basques à cette époque étaient de nature à provoquer l'envie: Lettre d'Édouard 1er accusant réception des comptes de J. Arnaud, citoyen de Bayonne, administrateur des îles de Jersey et Gernesey, (1277), Delpit op.cit., p. 6, n° XIX.

12 Lettres aux princes, an XVIII, 1. 1433.

13 "Thesaurus novus anecdotorum", t. III, p.767.

14 Chronique de G. de Nangis, t.1; p 281.

15 Par contre "Chronographia regum francorum", t.1,p. 39, indique: " Anno M°CC° nonagesimo, quidam mercatores de Flandria a portu Scluze recedentes transfretaverunt in Rupellam, ubi invenerunt quosdam mercatores de Bayonna, cum quibus cuidam occasionis titulo, rixam habentes, accidit quod unus Flamingorum desmentatus fuit a quodam Bayonno, qui mox irracundia motus, extracto cutello, Bayonnum precussit et occidit. Quo facto, Flamingi a Rupella recedentes, naves suas intraverunt et velis expensis, ventos eos applicuit in portum Sancti Mathei quem dicunt gallice de Posterne... Bayonnenses vero cum pluribus Anglicis eciam mare intrantes, ad eumdem portum vento tracti similiter applicuerunt. Ibi quoque Flamengis inventis, confestim bellum asperum in invicem commiserunt: in quo ab utraque parte gladio multi corruerunt. Sed auxilio Normannorum Francorumque et Picardorum, qui Framingis opem tulerunt, Bayonnenses et Anglici victi, plurimus occisis, terga verterunt. Pauci namque qui a mortis discrimine vivi evaserunt, turpier fugientes, in Angliam transfretaverunt." La version est différente mais pas forcément incompatible.

16 Cité par Lédiard "History of the Royal Navy", Londres 1847, t.1, p. 267 n. a/.

17 Rôles gascons, Renouard / Fauwtier, Paris, 1962, n°689, an 3 de Edward II, soit 1311-12.

Au temps de Le Baud on connaît bien cette île puisqu'il écrit à propos de la translation des reliques de Saint-Mathieu "Les marins bretons nagèrent jusqu'au rivage du Legionense où ils appliquèrent à un port nommé Kaynnen es fin de la terre (on fera le rapprochement avec Kymenoy alias Quemenes) auprès lequel fut construite une abbaye en l'honneur dudit apostre laquelle y est encore dénommée de luy"... Le Baud, Histoire de Bretagne, Paris, 1638, p. 48. cité par B de Gaifier "Hagiographie salernitaine la translation de S. Mathieu", Annalecta Bolandiana, 80, 1962, p. 103.

18 CCR Edward II, t. II, p 566, 12 septembre 1317, membrane 21d.

19 Les ras devaient être franchis de jour, afin de pouvoir distinguer les amers, avec courant portant et vent favorable, c'est à dire avec vent et courant portant dans le même sens en raison de la violence du courant qui atteint sept, voire huit noeuds en ces parages. En octobre, il fait jour de six heures du matin à six heures du soir. L'idéal est donc de quitter les Conquet vers six heures et début de jusant pour être certain de franchir le ras de Sein avec la même marée avant la nuit.

Déterminons les heures de marées le 11 octobre 1294, date à laquelle une flotte anglaise dont il est question ci après fit une escale au Conquet, selon les méthodes pratiquées à cette époque, mises au point par Bède-le-vénérable et Gerbert d'Aurillac. Divisons 1294 par 19, il reste 2 qui est le nombre l'or de l'année écoulée. Multiplié par 11, il donne l'épacte ou retard de la lune au dernier jour de l'an, que l'on fait, à cette époque, débuter à l'équinoxe de printemps en mars. Soit 22 jours. En y ajoutant les 8 mois qui séparent mars d'octobre, mars compris, nous obtenons le retard de la lune au dernier jour du mois de septembre, soit 30 jours. Ajoutons les 11 jours de la date, on trouve 41. En retranchant la durée, estimée à l'époque, du mois lunaire soit 30 jours, il reste 11. Il vient que le 11 octobre était le 11 eme jour de la lune. Les almanachs de Brouscon pour Saint-Mathieu, Quemenes, donnent : Pleine mer à minuit et midi et donc début de jusant portant vers le sud aux mêmes heures. Ces opérations se faisaient en utilisant les doigts de la main. Selon ces calculs, la flotte anglaise bien groupée, pouvait continuer sa route et franchir le raz de Sein. Il semble qu'elle ait fait escale, pour embarquer des auxiliaires bretons ce qui prit quelques jours. Le décalage quotidien de la marée, déporta alors la phase favorable au franchissement du raz de Fonteneau (Sein) qui s'est progressivement éteinte. La flotte anglaise dut attendre le retour des circonstance propices à ce franchissement. Elle n'appareille plus avant le 26 octobre, qui est le 26 eme jour de la lune, avec pleine mer à midi. Quinze jours après son arrivée au Conquet elle se retrouve dans les mêmes heures de jusant. Le courant s'établit vers sud. Il dure jusqu'à six heures de l'après-midi; ce qui laisse un temps suffisant, vent permettant, pour appareiller de Quemenes et franchir le Ras de Sein. Mais il ne faut plus tarder.

20 (PRO SC1/34/98), le Redecog de Hull, an XII de Édouard II, 1318, était en route "versus dictam villa de Haisle ad villa dicto Sancto Matheo in dominio Ducis Britanniae accessisset pro victualibus et aliis necessariis ibidem emendo "

21 ALA E 236/4 Arbitrage du Sénéchal de Guyenne portant que le clerc du Duc Jean II continuera à délivrer des sceaux de mer à Bordeaux et que les marchands bordelais paieront les droits en monnaie de France.

22 Le problème de l'eau in Neptunia, et Jean Boudriot "Le vaisseau de 74".

23 En 1296, une armée anglaise conduite par le comte de Lincoln, embarquée le 15 janvier à Plymouth, s'arrête au Conquet demande des vivres et demande aux habitants de se déclarer pour le roi d'Angleterre. N'ayant pas obtenu satisfaction, les Anglais pillent le Conquet. En conséquence le Duc quittera l'alliance du Roi d'Angleterre en Aquitaine.

 

Dernière mises à jour de la page : vendredi 15 juin 2012

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